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La Commune de Beauvechain veut protéger ses biens culturels

Un patrimoine riche et varié

Le territoire communal regorge de richesses patrimoniales au sens large. En effet, comme nous avons déjà eu l’occasion de l’expliquer dans des articles précédents, les terres de Beauvechain comptent parmi les plus limoneuses de Wallonie. Elles sont donc particulièrement fertiles et propices à la culture des céréales, denrées essentielles et très rentables car jadis et jusqu’au début du 19e siècle, sinon davantage, l’agriculture était la source principale de la richesse et la terre constituait le capital par excellence.

Du coup, malgré son étendue raisonnable, la Commune de Beauvechain concentre une quantité non négligeable de biens immobiliers de qualité (églises, chapelles, fermes en carré, maisons à caractère rural) parmi lesquels quatre sont classés comme monument. Deux de ces biens protégés bénéficient même d’une reconnaissance au titre de patrimoine exceptionnel de Wallonie (la ferme de Wahenges et l’église Saint-Martin). Beauvechain, en plus d’accueillir les fêtes de la Saint-Martin depuis plus de 50 ans, est également particulièrement riche d’œuvres d’art (peintures, tapisseries, céramiques de Max van der Linden, sculptures, vaisselles liturgiques…).

Un plan de prévention ?

La Belgique est Partie à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Celle-ci prévoit en autres la mise en œuvre de mesures de sauvegarde des biens culturels en temps de paix, en prévision des risques encourus (catastrophes naturelles ou liées à l’action humaine).

Les biens qui nécessitent de telles mesures sont les biens définis à l’article 1er de la Convention précitée :

« Aux fins de la présente Convention, sont considérés comme biens culturels, quels que soient leur origine ou leur propriétaire :

a) les biens, meubles ou immeubles, qui présentent une grande importance pour le patrimoine culturel des peuples, tels que les monuments d’architecture, d’art ou d’histoire, religieux ou laïques, les sites archéologiques, les ensembles de constructions qui, en tant que tels, présentent un intérêt historique ou artistique, les œuvres d’art, les manuscrits, livres et autres objets d’intérêt artistique, historique ou archéologique, ainsi que les collections scientifiques et les collections importantes de livres, d’archives (…) ;

b) les édifices dont la destination principale et effective est de conserver ou d’exposer les biens culturels meubles définis à l’alinéa a), tels que les musées, les grandes bibliothèques, les dépôts d’archives, (…) ;

c) les centres comprenant un nombre considérable de biens culturels qui sont définis aux alinéas a) et b), dits “ centres monumentaux ” ».

Il revient aux Etats de définir souverainement les biens culturels qu’ils estiment rentrer dans le champ d’application de cette définition. Si au niveau des biens immobiliers wallons, le Ministre du Patrimoine a indiqué qu’il s’agissait de l’ensemble des biens classés, la question de la sauvegarde du patrimoine n’est pas qu’une question régionale ou internationale. C’est avant tout une histoire locale, une histoire entre un bien culturel et les habitants environnants.

Actuellement les procédures de classement permettent sous certaines conditions de rénover des biens culturels (mobiliers ou immobiliers). Cependant, la prévention des risques relatifs à ces biens culturels est souvent négligée. Or cette prévention est vitale en matière de protection de biens culturels. De plus elle est requise par des engagements internationaux pris par notre pays.

Eviter un risque ou minimiser les dommages infligés à un bien culturel, c’est aussi un gage de sérieuse économie pour les deniers publics.

Un projet pilote

À l’exception des rares sites bénéficiant de la protection renforcée, les communes wallonnes n’ont pas de procédure spécifique pour la protection de leur patrimoine culturel en cas de situation d’urgence.

Afin de combler ce manque, le Collège communal de Beauvechain en partenariat avec le Gouverneur de la Province du Brabant wallon, le Comité belge du Bouclier Bleu (la croix rouge du patrimoine), la Fondation Roi Baudouin, l’AWaP (Agence wallonne du Patrimoine) et la Fédération Wallonie-Bruxelles, souhaite réaliser un projet pilote sur son territoire visant à terme l’éventuelle introduction d’un volet « Héritage culturel » au sein du PGUI (Plan Général d'urgence et d'intervention). Les communes qui intègreraient ce volet à leur PGUI et mettraient en œuvre les mesures de sauvegarde de leur patrimoine culturel obtiendraient alors le label « Bouclier Bleu ».

Depuis le 11 avril, grâce à l’aide financière de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de l’AWaP, la Commune de Beauvechain a pu mettre en place ce projet pilote au sein du Service Mémoire et Patrimoine. La Commune a pu dès lors engager Estelle Moureau – historienne de l’art et habitante de la Commune – pour une durée quatre mois. Sa mission : établir un diagnostic et un schéma de prévention en se confrontant à sept lieux aussi emblématiques que diversifiés. Il s’agit de la ferme de Wahenges à l’Ecluse, de l’église Saint-Martin, de la chapelle du Rond-Chêne et de la fresque de l’artiste Roa, peinte en 2014 sur le pignon de la fermette sise rue Delahaye, à Tourinnes, de la chapelle Saint-Corneille à Mille, de la chapelle Gosin à Nodebais, et de la salle du Vert Galant à Beauvechain, qui accueille de manière permanente un nombre considérable de céramiques de Max van der Linden.

Estelle aura la chance d’être accompagnée dans son travail par Monique Manikwe, étudiante en master Patrimoine – Erasmus Mundus Dyclam+, stagiaire affectée au projet par le bais du Comité belge du Bouclier Bleu.

À terme, le souhait est de pouvoir faire bénéficier les autres Villes et Communes de Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de l’expertise engendrée par cette opération pilote et de mettre en place un processus d’urgence type pour la préservation des biens culturels, miroir et mémoire de nos sociétés.

 

Mathieu BERTRAND

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