Histoire

 

Nos villages ont été habités de bonne heure.

village



Au néolithique, l'homme s'est installé à l'entrée de Hamme-Mille, sur une butte sableuse formant une clairière aux abords des étangs de la Warande. On y a découvert des silex taillés.

A proximité, près du bois Saint-Nicaise, ont été mises au jour une enceinte fortifiée et des tombes dont certaines datent sans doute de l'âge du bronze et, avec certitude, de l'époque du fer.

Durant le dernier millénaire avant notre ère, des migrations successives amènent Celtes, Eburons et Aduatiques.

Ainsi qu'en attestent plusieurs vestiges de villas et de routes, nos villages ont été colonisés par les Romains; l'antique voie romaine allant de Boulogne-sur-Mer à Cologne traversait notre territoire. En maints endroits, chemins, talus et contours de parcelles résultent d'une indiscutable centuriation romaine.

Beauvechain-centre est sans doute organisé en bourgade depuis la période franque. Terreau de chrétienté, Ermelinde (décédée en 600), première sainte du pays, y aurait séjourné.

Beauvechain doit son appellation formée des mots bavo et heim -habitation des gens de Bavon- à ce saint de noble origine qui aurait vécu en notre village au cours de la première moitié du VIIe siècle.

A la suite du traité de Verdun partageant en 843 l'empire de Charlemagne, nos contrées font partie de la Basse-Lotharingie.

A la fin du IXe siècle, nos villages sont sans doute dévastés par des incursions normandes lancées d'un camp retranché à Louvain.

Nos terres sont cédées à la fin du Xe siècle par la comtesse Alpayde à Notger, évêque de Liège.

C'est au tout début du second millénaire que remonte la première citation du nom de notre commune: Bavechin ou Bavenchen.

Après la bataille de Hoegarde qui oppose en 1013 le comte de Louvain à l'évêque de Liège, le Brugeron - contrée entre Dyle et Gette jusqu'à Louvain, Tirlemont et Chaumont-Gistoux - passe au vainqueur. C'est ainsi qu'Hamme, L'Ecluse, Mille et Nodebais deviennent propriétés du comte de Louvain.

Tourinnes et Beauvechain, terres d'Eglise, restent rattachées à Liège. Durant plus de sept cents ans, nos deux villages, terres d'enclave de la principauté de Liège en duché de Brabant, partagent la même destinée. L'évêque y exerce sa haute juridiction et le droit de rendre justice; il nomme les membres de la cour échevinale chargés de la gestion journalière.

L'église de Beauvechain et les dîmes afférentes appartiennent à l'abbaye de Gembloux; l'église de Tourinnes est propriété du Chapitre Saint-Paul de Liège.

L'abbaye d'Hastière est propriétaire de l'église et de divers biens à Nodebais.

L'histoire de nos villages va être fréquemment émaillée de différends entre princes-évêques et ducs.

En 1139, un gentilhomme fait don à l'abbaye bénédictine Saint-Nicaise de Reims de propriétés avec une église à Hamme; les moines gardent les biens jusqu'en 1677.

Ayant fait vœu de fonder un monastère, s'il lui naissait un descendant et sa prière ayant été exaucée, le duc Henri II de Brabant établit vers 1230, aux confins de ses terres à Hamme, une abbaye de femmes de l'ordre de Cîteaux.

On lui donne le nom de son pieux protecteur: Val-Duc.

L'autorité spirituelle et la surveillance de la gestion matérielle sont exercées par l'abbé-père de Villers. Durant 550 ans se succèdent périodes prospères et époques de déclin dues entre autres aux avanies de conflits ensanglantant nos contrées.

Nodebais est partie prenante dans la ligue des villes et franchises brabançonnes créée en 1372 pour sauvegarder la liberté de ses membres.

Au XVe siècle, l'histoire du Brabant et de nos contrées se confond avec celle du riche Etat Bourguignon.

En 1488-1489, sous le règne de Maximilien d'Autriche, des troubles dont Nodebais souffre particulièrement éclatent dans nos contrées.

Philippe le Beau, souverain des Pays-Bas, loge à Hamme en 1504 et son fils Charles-Quint chasse dans la forêt de Meerdael.

En 1635, les armées franco-hollandaises traversent nos régions. Elles pillent l'église de Tourinnes n'y laissant plus "ni sonnettes ni bastons de croix".

Durant les guerres de Louis XIV, nos villages sont l'un des champs de bataille de l'Europe.

En 1667, un incendie détruit l'abbaye de Valduc; elle est pillée à plusieurs reprises quelques années plus tard.

Beauvechain est ravagé en 1693; Hamme l'est en 1707.

Le siècle de malheurs prenant fin par le Traité d'Utrecht de 1713 a vu nos villages régulièrement dévastés par des troupes en campagne vivant sur le pays et pillant les populations.

C'est vers le milieu des années 1750, sous le règne de Marie-Thérèse d'Autriche, qu'est construite la route reliant Louvain à Namur.

La période autrichienne avec une centralisation trop rigide va engendrer des troubles qui conduiront à la révolution brabançonne de 1789.

Un décret du 9 vendémiaire an IV (1er octobre 1795), proclame la réunion de notre pays à la France. Nos villages font alors partie du département de la Dyle et, sauf L'Ecluse (canton de Hoegarde), du canton de Grez dans l'arrondissement de Nivelles. Tous les privilèges disparaissent avec la fin de l'ancien régime.

Un décret impérial de 1811 unit le petit village de Mille qui avait eu une existence propre jusqu'alors à celui de Hamme.

Sous le règne hollandais, Beauvechain, Hamme-Mille, Tourinnes-la-Grosse et Nodebais sont rattachés au canton de Jodoigne dans l'arrondissement de Nivelles; L'Ecluse reste dans l'arrondissement de Louvain.

L'indépendance du pays n'amène aucun changement administratif. La Constitution belge confirme l'existence des provinces et des communes dont celle unifiée de Beauvechain-Tourinnes.

Une loi promulguée en 1841 entérine la séparation de ces deux villages.

Au milieu du XIXe siècle, l'on assiste à une importante émigration d'habitants de nos villages vers le Wisconsin aux Etats-Unis d'Amérique où l'on y parle encore notre wallon.

Le 20 août 1914, nos villages sont occupés par les Allemands.

Le 11 mai 1940, un aérodrome de campagne localisé aux Burettes est bombardé par les Allemands et la plupart des avions y sont détruits au sol; le cinquième jour de l'invasion, Beauvechain est occupé.

Les occupants construisent une base aérienne au Culot, sur Tourinnes-la-Grosse. Elle a principalement abrité des bombardiers à long rayon d'action qui, au prix de très lourdes pertes, ont opéré sur l'Angleterre durant toute la guerre.

Dès janvier 1944, la base est régulièrement bombardée par l'aviation alliée.

Nos villages sont libérés le 6 septembre 1944 par les soldats du 82e régiment de reconnaissance de la 2e division blindée américaine.

A partir de 1946 et durant 50 ans, du Spitfire au F-16 en passant par les Mosquito, Meteor, CF100, et F 104, la base Lieutenant-Colonel Aviateur Charles Roman va abriter le 1er Wing de Chasse; elle accueille actuellement l'école de pilotage de la Force Aérienne, le Wing Hélico ainsi que le Wing Météo.

Un nouveau chapitre de notre histoire débute en 1977 avec la fusion des anciens villages de Beauvechain, Hamme-Mille, L'Ecluse, Nodebais et Tourinnes-la-Grosse pour former la nouvelle entité de Beauvechain.

Actions sur le document