Rue du Vénérable

Rue du Vénérable - Roûwe dèl Vénérâbe
La rue est ainsi appelée parce que c’était le chemin que parcourait le prêtre qui allait célébrer la messe dans une chapelle réservée aux lépreux. Pour ce faire il transportait avec lui le Saint-Sacrement, ou le Vénérable, « ce qui est digne d’être vénéré ».
Ce tronçon de la voie de communication allant de Tourinnes à L’Ecluse doit son nom au Saint-Sacrement (Lë Vénérâbe en wallon) que portait le curé lors des processions des rogations.
Ce chemin des rogations permettait au prêtre de se rendre sur les campagnes avoisinantes pour y bénir les cultures, pâtures et potales.
Une léproserie (Ladrîye en wallon) y est signalée pour la première fois dès 1469.
Elle démarre actuellement de l’embranchement avec la rue de la cure, en face de la ferme Messemaekers, anciennement Huens. Derrière cette ferme dite du « Trèkeû » s’étend en pente douce la campagne de Schellaye. Cette campagne est bordée à l’est par un chemin creux (Chavéye en wallon) perpendiculaire au Vénérable, la bien-nommée « chavéye de la Sentinelle ».
Le fameux Duc d’Albe, gouverneur militaire du Roi d’Espagne, arrivé dans nos contrées en 1566 afin de stopper l’avancée du protestantisme, battit l’armée du Prince d’Orange lors d’un vigoureux combat à Jauchelette (Jodoigne) le 20 octobre 1568. Trois jours plus tard, le Duc vint camper à Beauvechain avec ses troupes, comme nous l’apprend le texte suivant :
« L’an 1568, le 23 d’octobre qui estoit le jour Saint Séverin, le camp de S.M. d’Espaigne at esté assise deseur Bavechine en la champaigne nommée Schellaye, conduict par son Alteze le Duch d’Alba et estoit le dict Duch lougé en la maison sur la plaice au dict Bavechine.»
La maison sur la Place était « l’auberge du Vert Galant » occupée aujourd’hui par l’administration communale.
Après une poussée vers Louvain, le Duc et ses troupes revinrent camper à Beauvechain le samedi 30 octobre. A Tourinnes en 1634, l’actuelle « Rouwale Sinte-Barbe » qui part de l’égise vers le Rond Chesne s’appelait également « chemin du Vénérable.»
A Beauvechain dans le langage populaire des 19 et 20ème siècles, lë vôye dè Vénérâbe prenait une forme plus cruelle. On disait « lë vôye dès mizèrâbes ».

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