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Pêche électrique - édition 2025

Nos cours d’eau en Dyle-Gette ont-ils « la pêche » en 2025 ?

La campagne 2025 des pêches électriques en Dyle-Gette vient de se clôturer, 11 recensements piscicoles accompagnés d’analyses de polluants spécifiques (réalisés par l’ISSeP - Institut Scientifique de Service Public) ont eu lieu ce printemps dans le bassin Dyle-Gette.

On soulignera que ces recensements ont été réalisés grâce à une belle collaboration entre les services du SPW DEMNA (Département d’étude du milieu naturel et agricole), SPW DNF (Département de la Nature et des Forêts) et le SPW SP (Service de la Pêche), la maison wallonne de la Pêche, le tout sous l’égide de la Cellule Hydrobiologie de la faculté de Gembloux (via Thierry Demol) avec l’aide de l’équipe et partenaires du Contrat de rivière Dyle-Gette.

Ces 11 sites ont été sélectionnés pour les pêches par la Région wallonne dans le cadre du suivi de son réseau de mesures de la qualité des masses d’eau afin de répondre aux obligations de la DCE (Directive cadre Européenne sur l’eau, 2000/60/CE).

Voici un tableau qui résume cette campagne de pêche électrique 2025 :

Cours d'eau

Commune/localité

Date

La Petite Gette

Hélécine

06-05-25

Le Ruisseau de Gollard

Hélécine

06-05-25

La Petite Gette 

Orp-Jauche

08-05-25

Le Ruisseau Saint-Jean

Jodoigne

08-05-25

La Lasne

Rosières

13-05-25

La Dyle

Ottignies

13-05-25

La Grande Gette

Jodoigne (Souveraine)

15-05-25

Le Train

 Grez-Doiceau

15-05-25

Le Schoorbroek

Beauvechain

20-05-25

La Grande Gette

Jodoigne (Ste Marie Geest)

20-05-25

La Nethen

Grez-Doiceau

27-05-25

Les résultats de ces différentes pêches (voir tableaux détaillés ici) sont assez contrastés en terme de biomasse totale et de nombre d’espèces. Ils montrent une situation globalement mauvaise en comparaison avec la décennie précédente, dont une dégradation de la masse d’eau.

En effet, entre 2000 et 2010, 18 espèces avaient été recensées sur tout le bassin de la Dyle. Mais cette année, seules 14 espèces sont prélevées (Truite Arc-en-Ciel et truite fario, chevesne, anguille, gardon, loche franche, goujon, chabot, épinoche, perche fluviatile, rotengle et vandoise) dont 2 invasives (pseudorasbora et perche soleil). Ainsi brochet, chevesne, épinochette, barbeau et gibèle manquaient à l’appel. De plus, le nombre d’individus capturés est lui aussi, en baisse marquée.

De manière générale, ces résultats à la baisse sont à mettre en relation avec la qualité de nos cours d’eau, qui subissent de fortes pressions urbanistiques et agricoles. De plus, les différents évènements climatiques récents n’aident pas à améliorer la situation (sécheresses et inondations), de même que les pollutions ponctuelles (citerne à mazout qui fuit, accidents de la circulation, incendies, …).

Toutefois, il faut noter que quelques résultats sont encourageants. Notamment pour la Nethen à Beauvechain et la Dyle à Ottignies où certaines truitelles fario ou encore des anguilles sont retrouvées en nombres, bien qu’issues d’un rempoissonnement effectué par le Service de la pêche (SPW SP) il y a quelques années.

En outre, la plus grande anguille retrouvée mesure pas loin de 1 mètre de long. Certaines truitelles sont parvenues à se maintenir et à grandir localement, preuve que la qualité du cours d’eau répond à certains endroits à leurs exigences.

En savoir plus :

Le cas du goujon asiatique (Pseudorasbora parva) reste toutefois problématique car il s’agit là d’une espèce dite invasive. Originaire d’Asie, ce poisson a été accidentellement introduit en Europe au début des années 1960. De nos jours, il est présent dans une grande partie du réseau hydrographique européen et notamment belge depuis 1998 (depuis 2000 dans la Dyle).

A l’instar de nombreuses espèces invasives, ce poisson est porteur-sain d’un agent infectieux très virulent à l’égard des populations piscicoles indigènes (Sphaerothecum destruens). Il est un grand consommateur de zooplancton (crustacés) induisant une féroce compétition alimentaire vis-à-vis de certaines espèces indigènes aux exigences proches, comme le goujon par exemple.

De même, la gibèle (Carassius gibelio), originaire d’Asie et de l’Europe de l’Est, est une autre espèce invasive que l’on voit arriver dans le bassin d’un mauvais œil. Les craintes autour de cette espèce ont notamment trait à sa possible hybridation avec d’autres espèces du Genre Carassius ou même avec la carpe commune. Elle représente alors une menace génétique très réelle !

On retrouve également la perche soleil (Lepomis gibbosus), qui est une espèce de poisson d'eau douce originaire d'Amérique du Nord, introduite il y a environ 50 ans en Belgique. On la trouve notamment dans les canaux, les plans d'eau et les cours d’eau à faible courant. La perche soleil est connue pour son corps aplati et ses couleurs vives (voir photo ci-contre). Elle est omnivore et peut avoir un impact significatif sur les populations de poissons indigènes en consommant leurs œufs et leurs alevins.

Ces trois espèces figurent donc très justement sur la liste noire des espèces invasives en Belgique , ce qui signifie que leur introduction, détention, utilisation, échange, transport vivant et sa commercialisation sont interdites, selon le site de la Réglementation sur les Espèces Exotiques Envahissantes (IAS).

Tous ces résultats temporaires (14 espèces et près de 1680 individus capturés) sont donc à prendre avec précaution afin de déterminer la tendance sur la qualité de nos cours d’eau et confirmant par-là les conditions d’amélioration ou pas de la vie piscicole en Dyle-Gette.

Les résultats définitifs avec des analyses diverses pourront venir confirmer la tendance plus scientifiquement.

D’un point de vue pratique, c’est tout un ensemble de facteurs qui sont à prendre en compte : l’assainissement des eaux et lié au taux de raccordement à l’égout, une meilleure prise en compte du rôle écologique des cours d’eau dans leurs aménagements et les travaux de construction à proximité, une responsabilisation des riverains, une levée d’obstacle au déplacement, sans oublier que les pollutions d’hydrocarbures et autres polluants (en moyenne une pollution par semaine) viennent entraver la restauration écologiques des milieux,  … etc.

Le Contrat de rivière se démène à différents niveaux pour tenter d’améliorer la situation des cours d’eau dans un contexte très agricole et urbain. Les choses évoluent lentement, mais dans le bon sens … Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire, de nouvelles pistes à envisager. Trop d’obstacles au déplacement des poissons, par exemple, sont encore présents dans nos rivières, parfois sans aucune utilité ! Ces obstacles freinent, voire empêchent la bonne dispersion des espèces et la colonisation de nouveaux milieux.

La résolution de l’ensemble de ces problèmes n’est bien évidemment pas simple, il faut de la patience et de la concertation entre les différents acteurs impliqués.

 

Un rôle essentiel de l’ensemble des 14 Contrats de rivière de Wallonie !

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